Lettre à Robinson

 

Un jour petit homme

Tu deviendras un homme

Quand tu apprendras la belle gravité d’aimer

Quand tu comprendras que le meilleur de la vie

N’est que dans l’appel à la vie

 

Pour une femme unique

Cette femme de hasard et de nécessité

Chaque matin tu te lèveras

Et humblement tu te mettras à la tâche

Comme le fait tout homme

Depuis l’aube des temps

Comme le fait tout homme

Quand il sait aimer

 

Tu t’engageras près d’elle

Comme tu t’engageras en elle

Et tu cueilleras le bonheur à ses lèvres

Et elle vous donnera des fruits pleins de rires et de joie

Pleins de peines aussi parfois

Pour aimer plus loin encore

 

Et tu souffriras aussi sûrement

Car il n’est d’amour sans douleur

Quand bien même et surtout on lui donne tout

 

Et tu t’épuiseras pour l’amour

Car il se nourrit de notre fatigue

Tu t’épuiseras comme le grand-père s’est épuisé

Lui aussi chaque fois

Et tu apprendras les devoirs d’un amant

Et tu apprendras aussi les devoirs d’un ami

 

Le grand-père alors sera devenu inatteignable

Très loin au delà des mers et des montagnes

Très loin au-delà même des étoiles

Dans ce grand pays du silence

Où l’amour même est mort

 

Mais je te souhaite d’hériter de sa foi

De cette force d’aimer

Je te souhaite d’oser aimer comme il le fit toujours

Papy Guy