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On pourra lire après le bon de commande la belle préféce d'Hubert Juin

 

Guy Allix

 

Mouvance mes mots

 

Un recueil de poèmes de 80 pages

 

Avec

 une préface d'Hubert Juin

 

Editions Rougerie

 

"Il faudrait lire Mouvance mes mots comme les croyants font de leurs textes sacrés : à petites étapes, par bribes et morceaux, dans les temps creux comme dans les temps forts, pour y apprendre selon les heures la dérision de l'existence ou son exaltation. Guy Allix, dont on commence à savoir qu'il est un de nos meilleurs poètes, a porté là son écriture à un rare degré d'incandescence. Ses mots nous brûlent. Terrible et bienfaisant embrasement puisqu'il détruit le cal des vaines quiétudes et cautérise la lancinante blessure d'exister."
Gilles Perrault ( Normandie-Magazine )

"Nous voilà donc tout un petit cénacle à tenir Guy Allix pour un grand poète de notre temps"
Jean Paris ( Lettre )

"Mouvance mes mots de Guy Allix est un livre majeur car nous sommes en présence d'un poète qui va plus loin que bien d'autres dans l'interrogation de la vie et du temps... Une réalité vivante commande et creuse cette poésie pudique et exigeante où un homme retrace son itinéraire intérieur... Quête - de quelle vérité perdue? - la parole de Guy Allix est éclat de voix vouée à sa perte, " cela finira par de la terre même ton cri", mais aussi volonté de se dépasser sans cesse : "la faille s'enrichit et dépasse"... Guy Allix parle juste dans sa voix d'éternel errant, conscient de la vanité, voire de l'inutilité de toute action dans cet univers chaotique où nous ne cessons de nous égarer et de nous perdre... Les images et sensations bouleversantes de Guy Allix viennent du plus profond d'un être qui "se sauve" par ces admirables stèles d'une mémoire qui éclatent en buissons ardents où poète et lecteurs brûlent littéralement au feu des mots."
Joseph-Paul Schneider ( Luxemburger Wort )

 

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Bulletin de commande

 

Je soussigné

adresse

 

 

 

déclare commander

 

______des exemplaires sur bouffant afnor 5 de Mouvance mes mots, au prix de 8 Euros l'exemplaire.

 

et verse ce jour la somme de

par chèque bancaire à l'ordre de Guy Allix ou de éditions Rougerie

 

à                     le               20

 

 


Guy Allix

Chemin du clos Ferdo

14340 Formentin

 

Editions Rougerie

7, rue de l’Echauguette

87330 Mortemart

 

***

 

Préface

Dès lors qu'on s'interroge sur ce qu'est la littérature, on questionne le poème. C'est qu'ici, dans ce lieu d'une parole éparse et que la musique a désertée, quelque chose surgit. Mais ce surgissement même est suspect : il désigne d'un doigt à l’ongle arraché quelque chose qui devrait être dit et qui ne peut être dit; il est l'ombre littéralement indéchiffrable de ce quelque chose qui est appelé à surgir ; il est retrait et fuite devant lui-même. L’économie des mots ne fait rien à l'affaire : c’est un faux problème. Le poète, c'est celui qui ronge le monde, et qui connaît la mort depuis le cœur. Il ressemble à cette image d'un qui avance en tenant des torchères brûlantes derrière lui. Mais il n'est pas si naïf cependant, ni tellement incertain : il est habité, hanté par une histoire très personnelle et très commune, solidaire et solitaire (comme disait Victor Hugo), dont les clés lui échappent et que sa parole aveugle brandit à bout de bras. Bref ! chaque « poétique » a pour nœud une scène capitale (d’amour ou de mort, de soufrance ou de joie, d’aube ou de nuit) qui, une fois (et pour lui le poète, une fois pour toutes) a éclairé le monde. Voilà la source de son discours. Il serait vain de conter la « scène capitale » qui est au centre des poèmes brefs de Guy Allix, et, s'il la contait lui-même, il déserterait la poésie. Car c'est précisément parce qu'il ne peut la dire, et parce qu'il résiste à la dire que son poème, éclat succinct, peut naître. Elle est là cependant, cette scène capitale, fragmentée, éclatée:

 

« Quelques tessons s'abritaient encore

Derrière mes yeux » …

 

Elle est là, dévorante mais refusée. Elle surgit dans la mouvance des mots, et du coup démentant cette mouvance,

 

« Augmentant cette mort au ventre

Et ce cri plus que muet » !

 

Elle ne laisse place qu'aux mots justement, les mêmes. Mais cette place (espace tantôt dépeuplé et tantôt tumultueux), comment le poète peut-il songer à l'investir, à la conquérir? Tout se tisse dans une mouvance, effectivement.

 

Ce qui n'est pas dit (le non-dit, l'interdit) est toujours plus fort que ce qui filtre entre les mots. Dès lors, il n'est plus question de saisir la brièveté des poèmes qu'à la semblance de la brièveté des échardes lorsqu'elles agrippent et blessent.

 

« La pierre est à ce prix de sueur et d'os rongés ».

 

Ce qui se passe dans la démarche de Guy Allix est justement l'opération d'un extrême refus. Il faut renoncer aux berceuses - au profit du vrai. Mais le vrai, c'est le masque. Et le masque, c'est levisage.

 

« ... La peur à chaque mot

Pressant le flux »

Interdit la démarche somnambulique. Il faut parler dans la justesse de ce qui tord le cœur (la mort, par exemple ?) sans céder aux pièges de l'illusion. Les images viennent de loin, du plus profond, du, du dedans de ce qui est dedans, enfoui. « Le cri dépouille », - alors, il ne reste qu'une buée, comme, tôt matin, l'évanouissement humide de la rosée. Les alchimistes connaissaient cela, qui demandaient à leurs machines l'évaporation miraculeuse : ce qui devait demeurer au fond du vase était (André  Breton l'a dit) l’or du temps. On songe à ces épures vibrantes qui sont les blasons 'de la plus rigoureuse et de la plus secrète des vies sentimentales. « Le peu de mots qu'il fallait », eh bien ! ils suffisent à ce dessein : c'est qu'ils sont d'une sobriété abondante, je veux dire « brûlante », et - mieux encore –« brûlée »,

La retraite de Guy Allix doit s'entendre de deux façons. Il a créé ce lieu d'écriture où il se retranche, parce qu'en ce lieu s'érigent ces pierres d'os rongés où bat le sang de sa mémoire. Et cette retraite est, également, résistance à ce qu'il y aurait de douteux dans tel ou tel emportement lyrique auquel il ne peut (ni ne veut, bien sûr !) consentir. Mais cette retraite, me semble-t-il, n'est pas, pour autant, écart ou éloignement, ni retranchement hors du monde des humains. C'est au contraire. Il y a là cette chaleur pudique et très exigeante, que l'on va, lisant les pages qui suivent, découvrir.

Hubert Juin