11 septembre... 1973

A l'heure du 10ème anniversaire du 11 septembre 2001, voici une petite piqûre de rappel avec ce lien qui expose ce que fut la terreur du 11 septembre... 1973.

Les terroristes d'alors, puisqu'il faut bien les appeler ainsi, puisqu'ils méritent largement cette appellation, s'appelaient Henry Kissinger, Richard Nixon, Augusto Pinochet.

Les terroristes d'alors appartenaient aussi à la C.I.A.

Ils osaient se déguiser « défenseurs de la liberté. » et peu ont osé dénoncer cette mascarade.

Les images ne tournèrent pas en boucle : cachez donc ce crime que je ne saurais voir... 

Ils n'ont jamais été inquiétés pour ces faits de barbarie et aucun journal ne titra "nous sommes tous chiliens".

 

 

http://www.dailymotion.com/video/xdjxc_coup-d-etat-chili-1973_news

 

 

 

Il pleuvait sur Santiago. Oui, c'était l'autre 11 septembre : le 11 septembre 1973, une date qu'on n'a guère retenue. Il est vrai qu'en ce temps-là le matraquage télévisuel n'en était qu'à ses balbutiements et que les Etats-Unis étaient... du côté des terroristes. On a donc vite oublié. Pourtant le bilan de ce coup d'état, aidé par les Etats-Unis, est lui aussi bien lourd et même bien plus lourd que celui du 11 septembre 2001 :

 

http://fr.wikipedia.org/wiki/Coup_d'%C3%89tat_du_11_septembre_1973_au_Chili

 

 

2 279 morts et disparus dont 641 morts "dans des conditions non élucidées" et 957 "détenus disparus". Cette estimation aurait été portée à 3 197.

150 000 personnes emprisonnées pour des motifs politiques…

Près de 27.255 personnes ont été torturées.

Il y a eu des centaines de milliers d’exilés politiques...

 

Dont mon ami Alberto Cuadros qui fut emprisonné dans les geôles de Pinochet et qui vient marquer ce triste anniversaire d'un très beau poème que nous donnons à méditer pour les visiteurs du site à l’heure même où beaucoup voudront encore être Américains et où nous préférons être Chiliens avec un Pablo Neruda :

 

 

 

Lire Alberto Cuadros sur ce site :

http://guyallix.art.officelive.com/albertocuadros.aspx

 

 

 
 Vos réactions :
 

Merci pour ce message qui rappelle à juste titre le 11 septembre 1973....

Je me souviens d'abord et surtout de ce 11 septembre là ! D'abord et surtout parce que l'autre n'était que l'effet boomerang d'une certaine politique nord américaine  "la politique étrangère des Etats Unis, c'est la guerre " Noam Chomsky ! Parce que j'ai beaucoup accompagné, jusque sur scène, les artistes en exil (Quilapayun, Osvaldo Rodriguez, Isabel et Angel Parra, Illapu, LLaima, etc...) ! Parce que je lis toujours  Pablo Neruda  ; parce que j'ai traduit en son temps La Nouvelle Chanson Chilienne et passablement écrit à son propos (La Nouvelle Critique, Le Matin de Paris, Le journal du Théâtre de la Ville, Paroles et Musique, Une autre chanson...;  parce que j'ai fait trois voyages au Chili dans les années 1980 et.....parce que  j'écoute en ce moment le nouvel enregistrement des "Quilas" arrivé aujourd'hui jusqu'à Ty Nancien dans la valise de Victor Quezada, fils de Carlos Quezada, voix et percussionniste de l'ensemble. J'ai encore Le Chili au coeur. Le hasard tout de même...

Bien attentivement

Gérard Cléry

 

J'avais dix-neuf ans en septembre 1973 au Chili comme d'autres ont pu avoir vingt ans dans les Aurès. Loin de moi l'idée que le 11 septembre s'inscrirait par la haine, dans nos mémoires. J'avais applaudi à la victoire de Salvador Allende en 1970 quand il a accédé à la présidence de la République chilienne. Sans doute et tout simplement parce que mon cœur  penche à gauche et que j'observe de près ou de loin aussi, ce qui se passe dans le monde. De la géopolitique mais déjà un peu de géopoétique.

La violence avec laquelle le palais de la Moneda fut attaqué me mit dans la peine.  J'ai admiré la résistance du président Allende finalement renversé,  face à cette puissance qu'incarnent les Etats-Unis.  Mais à bien réfléchir. D'une junte militaire, d'une administration américaine conservatrice soucieuse de ses intérêts et lorgnant d'un mauvais oeil un régime socialiste au Chili, d'une multinationale qui a-t-on dit à l'époque, se serait mêlée à la chute de ce gouvernement, faut-il s'en étonner ?

Vingt-huit années après, New York tôt le matin,  la haine est de retour. Cette fois, sur le sol américain. Et sur ses tours. Avoir de la pitié pour ces milliers de morts anonymes, évidemment que oui. Ce sont toujours les innocents qui payent. Ceci est triste et intolérable. N'oublions pas que les USA ont toujours guerroyé sur des terres inconnues, exporté leur guerre que ce soit en Europe ou au Vietnam où ils se sont fait foutre lamentablement à la porte. Ils se sont imposés là où ils n'étaient pas d'accord, là où leur "american way of life" était menacé ou qu'il leur fallait l'imposer. C'est peut-être ce qu'a voulu dire au monde Ben Laden.

Je tenais à souligner ou rappeler ce fait d'histoire sans perdre de vue que toujours, c'est le peuple qui trinque, ce sont ceux qui n'ont rien à voir avec ces fous qui nous gouvernent, qui sont et seront les victimes.

Jean-Albert Guénégan