Le n° 25 de Spered Gouez est paru lors du festival du livre de Carhaix le week-end dernier.
Un très beau sommaire comme d'habitude dans cette revue dirigée par Marie-Josée Christien et quelques poèmes de bibi dont ce qui suit.

Rupture du temps

Tes doigts ancrés là dans la glaise de la page
Encalminés dans la sidération

Qu’est-ce qui se dit alors dans ce figement sans mot

Tu plies l’instant et le linge sur la plaie

***

Tu n’es toujours que ce relent
Ce relent de lave et de bave
Qui t’exténue

Tu te souviens parfois
En ligne d’horizon
De ton dernier poème
De ton dernier amour
De cette main crispée déjà vers le silence

Tu te souviens de ce dernier râle qui te résume
Et qui t’achève

***

Tu te souviens toujours de l’insoutenable
Cette douleur simplement transportée jusqu’au rire

Tu n’habites que l’irrémédiable


© Guy Allix (Eloge de la fragilité, en préparation)

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