Je serai tout ce week-end à Durcet, capitale mondiale de la poésie !!! L'occasion de retrouver des amis, de partager poèmes et chansons et de faire la fête car Durcet est aussi la capitale mondiale de la fantaisie. Le printemps des poètes de Durcet est le lieu le plus convivial et le plus généreux que je connaisse. Samedi aura lieu le chemin des poètes de légende avec ses seize bornes-poèmes pour neuf kms. Et dimanche le salon des livres de poésie. Entre deux nous nous ravitaillerons comme il se doit en poiré, vin, vituailles, chansons, histoires, poèmes et bonne humeur.

Le chemin n'est toujours pas pavé mais ça viendra puisque son pavage pour lequel j'ai ardemment milité avec l'amie Marie-Josée Christien (tout le monde a signé la pétition même le bon père Fonda alias Jean-Claude Touzeil) a vu son inauguration avec la pose du premier pavé par Monsieur le Maire de Durcet il y a quelques années déjà. On trouvera le texte de l'illustre pétition après la photo du "champion".

Le non-pavage du chemin n'empêchera pas la vraie première course Durcet-Durcet d'avoir lieu cette année une semaine avant Paris-Roubaix dont le prestige ternira très vite devant cette nouvelle épreuve de légende. Pour l'instant un seul inscrit : un tipouet (nommé par certain(e)s le boute-en-train de Durcet) qui avait déjà fait sensation en 2015 en couvrant déjà ce chemin à vélo pour un numéro zéro de l'épreuve avec une attelle à la jambe gauche (rotule cassée et il a roulé avec ça !) et une roue avant invisible !!! Un compte-rendu de l'exploit avait été rédigé par Georges Cathalo lui-même, compte-rendu que je n'ai hélas pas retrouvé ! 

On le voit ici posant fièrement avec le bouquet du vainqueur, son vélo révolutionnaire et sa tenue cycliste peu conforme (il n'a guère que le casque et les lunettes du cycliste pro) qui ne l'a pas empêché de gagner haut la main puisque le second n'est toujours pas arrivé à cette heure ! Quatre ans c'est quand même une avance que même le grand Mercks n'eut jamais sur son second ! Pour la photo le vainqueur n'eut pas cette année-là le prestigieux prix Ribouillault du poète définitivement inclassable mais, classé premier, le prix Ridicule.

 

numérisation0015

 

C’était sur le chemin des poètes de Durcet en ce printemps 2013. Un jour de pluie, de grande pluie. Bizarre, c’est pas fréquent en Normandie ! Une pluie telle que plusieurs poètes, et non des moindres (je ne cite personne mais suivez mon regard vers le père Fonda) abdiquèrent, tout équipés de bottes qu’ils étaient. Dans le peloton de ceux, bien vaillants, qui suivaient… l’enfer de Durcet, il y eut même des chutes et certains à l’arrivée étaient tellement trempés qu’ils durent renoncer au repas du soir, la mort dans l’âme bien sûr. Car rater le repas du samedi soir lors du printemps de Durcet c’est une catastrophe, n’ayons pas peur des mots.

Quelques courageux… disons plutôt quelques téméraires qui avaient accompli dignement leur devoir (dont le signataire de ce texte) eurent l’idée du siècle : afin de ne pas salir les robes longues et les pantalons des poètes, afin d’éviter les chutes dans ces chemins creux… pleins de mauvaises intentions et de traîtrises de toute sorte, il fallait justement... paver le chemin de Durcet. En ces temps  de Paris-Roubaix, voilà qui tombait bien… pour ne plus tomber (n’est-ce pas Françoise ?). Aussitôt dit, aussitôt fait. Deux plumes très averties rédigèrent le lendemain le texte de la pétition pour réclamer le pavement du chemin car mieux vaut un pavement qu’un lavement. Texte qui entra donc dans l’histoire de la capitale internationale de la poésie et fut signé par tous… Même par le père Fonda lui-même.

Voici donc le texte de cette illustre pétition :

 « Nous qui avons, héroïquement, bravé les intempéries et les aléas boueux et traitres (il y eut des chutes de poètes prestigieux et internationalement primés), nous qui avons dû abandonner, la mort dans l'âme, dès que la première balise fut venue, exigeons solennellement, par cette pétition historique, que, à partir de la 29e édition dudit "Printemps de Durcet", le chemin des poètes soit dûment pavé (de blocs en provenance du massif granitique breton, à l'image des pavés de "l'enfer du Nord"). Nous attirons votre attention sur l'intérêt touristique et sportif d'un tel aménagement. Il pourrait par la suite être envisagé une compétition vélopoétique Paris-Durcet. Chaque compétiteur s'arrêtera à chaque balise, lira le poème à haute voix, en surplace sur son vélo et boira un litre de poiré. Sera déclaré vainqueur celui qui terminera l'épreuve...

Collectif Pour la Préservation et la Propreté des Pantalons et Robes Longues. »

C’était lancé ! Un groupe facebook fut même créé qui compte désormais 115 membres (et encore nous refusons les « poètes professionnels »). Nous n’avons pas voulu entreprendre trop vite les travaux mais nous avons donc tenu à poser la premier pavé, chargé déjà d’une longue histoire qui va être rappelée ci-après, lors de la  29e édition du Printemps de la capitale internationale de la poésie. Ce en présence de M. le Maire lui-même, tout heureux d’être le témoin privilégié de l’événement devant une foule nombreuse prête pour le parcours dans le chemin non encore pavé. On remarquera, et les clichés pris par une talentueuse photographe en attestent, les organisateurs de l’événement avaient tout prévu même un soleil splendide. Pour la trentième édition du Printemps prestigieux, les travaux seront terminés et nous assisterons à l’arrivée du premier Paris-Durcet. Fabian Cancellara et Tom Boonen ont déjà annoncé leur participation quand bien même l’épreuve aurait lieu le jour de Paris-Roubaix, épreuve d’ailleurs appelée à disparaître dans les prochaines années du fait de la concurrence.

Maintenant je laisse la parole au comité d’experts !

Guy Allix, Président (élu à l’unanimité de sa seule voix) du  Collectif Pour la Préservation et la Propreté des Pantalons et Robes Longues