Guy Allix, poète

17 mars 2020

SDF et confinement... Est-ce que... ?

SDF et confinement

à la manière de Jean-Claude Touzeil

et peut-être de Raymond Devos

 

De retour de mon jogging solitaire (si, si on peut faire une activité physique en solitaire, le 1er ministre l'a dit et j'avais mon papier) je pensais à ces SDF que j'ai croisés aussi, de plus en plus nombreux dans mon quartier (en 2017 un certain candidat à l'élection présidentielle avait déclaré qu'avec lui il n'y aurait plus personne à la rue un an après...). Et j'ai vu les policiers faire leur ronde dans les jardins de l'hôtel de ville de Rouen...

Une question toute simple m'est venue :

Est-ce qu'on peut décemment demander à un SDF de rester confiné à son domicile ?

Qu'on ne se méprenne pas sur ce message. Je suis bien sûr pour ces mesures de confinement qui sont simplement absolument nécessaires. Chacun doit se replier sur soi pour jouer collectif dans cette guerre au virus. C'est certes contraignant pour nous tous. Mais enfin il y a pire. Et justement il y a... les SDF ! Ma boutade n'est en rien cynique, tout au contraire elle dénonce à sa manière l'absurdité et la grande solitude des SDF en ces temps de confinement.

    

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15 mars 2020

Salah Al Hamdani : Ce qu'il reste de lumière, suivi de Au large de Douleur

Salah Al Hamdani : Ce qu'il reste de lumière, suivi de Au large de Douleur

Aux éditions Sauvages

Heureux d'apprendre la prochaine parution d'un recueil - avec un très beau titre - de l'ami Salah aux Editions Sauvages. En ces temps de confinement et de repli ouvrez-vous à la lumière de la poésie de Salah qui est un vrai poète de ce temps. Commandez ce beau livre.

Vous mourrez peut-être... mais vous mourrez moins bête !

Bon de commande Salah

 

Livre et lecture en Bretagne

Livre et lecture en Bretagne (établissement public de coopération culturelle) accompagne et conseille auteurs (écrivains, traducteurs, illustrateurs, photographes), éditeurs, bibliothèques, organisateurs de salons et festivals.

https://www.livrelecturebretagne.fr

 

11 mars 2020

René Rougerie : 10 ans déjà.

René Rougerie : 10 ans déjà

 

C'est le 12 mars 2010 que René Rougerie est décédé dans cette Bretagne qu'il avait tant aimée aussi après sa belle région limousine. La Bretagne où "les poètes poussent comme des menhirs" se plaisait-il à dire. C'était mon principal éditeur, c'était un ami, c'était un peu comme un père pour moi qui n'avais eu qu'un géniteur inconnu.

Il est mort sur sa scène en plein printemps des poètes alors qu'il livrait dans la librairie L'imaginaire de Lorient ses deux derniers livres, L'oeuvre poétique de Xavier Grall et Litanies de la mer de Saint-Pol-Roux. L'aventure Rougerie avait commencé 61 ans avant avec notamment les Cantilènes en gelée de Boris Vian dans la collection "poésie et critique" dirigée par Georges-Emmanuel Clancier. S'ensuivit un travail prodigieux de cet éditeur exigeant, généreux, intègre, inclassable et toujours résistant, alternant des publications de poètes contemporains et des poètes du passé, souvent inclassables aussi, et qu'il s'appliquait à faire redécouvrir.

Pour un jeune poète (j'avais 31 ans lors de la publication de Mouvance mes mots...), publier chez Rougerie c'était un honneur et un bonheur. Le bonheur de ces livres en bouffant afnor, sur Arches ou sur Velin de Lana, imprimés au plomb et non massicotés. Certains élèves ont pu me dire : "Mais il n'est pas fini le livre !". Un jour un relieur à qui je domandais un coupe- papier afin de dédicacer un livre m'a dit qu'il allait le "rogner"... Je me suis sauvé et j'ai appris alors à découper les pages avec une... carte bancaire. C'était un beau détournement pour moi qui ai toujours détesté ce que représente la banque. La découpe était un passage obligé avec ce format, car impossible de lire entièrement le livre si le coupe-papier (ou la carte bancaire) n'avait pas fait sa besogne d'avant-lire. 

C'était aussi entrer dans une nouvelle famille pour peu que l'on se tînt à ce rang d'exigence humaine qu'attendait cette famille. Cela pouvait prendre un peu de temps car il fallait donner des preuves d'intégrité, d'honnêteté, de générosité avant de pénétrer dans la maison à l'échauguette de la rue du même nom à Mortemart. C'était du très sérieux que l'amitié mais très loin de cet esprit de sérieux et de suffisance que la famille abhorrait. 

En poésie, les éditions Rougerie font partie des plus grandes oeuvres éditoriales du XXe siècle. Et elles témoignent de ce temps où les éditeurs se souciaient de la diffusion de leurs livres. René, et Olivier par la suite (il continue toujours l'aventure du papa), parcourait la France (et jusqu'en Belgique) pour placer les livres dans un réseau de libraires et de médiathèques amis. Car le livre c'est d'abord là qu'il vit et qu'il se lit . Il fit d'abord ses tournées avec un triporteur puis avec des voitures qu'il poussait jusqu'à 600 000 km... Aujourd'hui trop d'éditeurs confient le soin de cette diffusion à leurs seuls auteurs promus ainsi "agents commerciaux".

Consultez donc ce prestigieux catalogue des éditions Rougerie et lisez. C'est un beau trésor que cela.

Merci René de ce que tu as été et de ce que tu as fait ! Merci de ton exemple !

 

- ROUGERIE éditeur

Éditions ROUGERIE Olivier Rougerie 7, rue de l' Échauguette 87330 MORTEMART tél. : 05 55 68 00 93 Merci de ne pas envoyer de manuscrits , l a maison ne s'engage...

http://www.editions-rougerie.fr


 

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04 mars 2020

Graeme Allwright toujours là

Graeme Allwright toujours là

Une interview très émouvante de Graeme (2009) où l'on apprend beaucoup sur son parcours.

Je ne résiste pas au plaisir de partager. Merci à l'auteur de la vidéo.

 

 

 

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17 février 2020

Graeme Allwright encore...

Graeme Allwright encore

 

L'ami Luis Porquet me demande de publier ici cet hommage et souvenir qu'il a écrit hier suite au décès de Graeme. Je sais sa peine et partage donc ce beau souvenir, cet hommage si émouvant. 

"C'est une bien triste nouvelle que la disparition de Graeme ALLWRIGHT. Il incarnait pour moi le pacifisme, le partage et l'amour de l'Humanité. Je tiens pour une fierté d'avoir pu collaborer avec lui d'autant qu'il fut aussi l'interprète et l'adaptateur des chansons de Léonard Cohen, Brassens, Bob Dylan et Tom Paxton. "Les hauts peupliers s'en vont mais ils nous laissent le vent" a écrit Federico Garcia Lorca. Les chansons pour leur part ne meurent jamais. Elles témoignent pour les temps à venir de l'amour qui les a fait naître dans le cœur de leur auteur.

 

A l'été 1978, au moment où je venais d'apprendre que je pourrai rencontrer Graeme à la rentrée, je partis en vacances dans le village natal de mon père,dans la province aragonaise de Huesca. C'est dans ce village perdu que j'écrivis GERONIMO. Au moment où Graeme me reçut chez lui à Paris, je lui remis une poignée de textes inédits sans y ajouter le moindre commentaire. Or ce fut justement GERONIMO que Graeme choisit de mettre en musique en premier. Ce genre de "miracle" vous aide à croire au destin. Plus tard, Graeme me fit découvrir une musique demeurée sans paroles. Il me la joua plusieurs fois un beau soir, si bien que je m'endormis avec la musique dans la tête. Le lendemain, à huit heures, le texte était écrit. Cela donna LA CHANSON DE L'ADIEU dont pas une ligne ne fut modifiée. Quelques années plus tard Nana Mouskouri la reprit sur son disque  "Dix Mille ans encore".

 

J'espère un jour retrouver Graeme dans une dimension plus spirituelle que le monde désolant et cynique d'aujourd'hui. Il reste et restera l'une des plus belles rencontres de ma vie et fut pour moi une sorte de frère aîné qui m'a apporté son soutien, sa confiance et sa si précieuse amitié. 
A sa famille, à ses quatre enfants, nous adressons avec mon épouse, nos plus affectueuses pensées."

Luis PORQUET, Auteur et Parolier.


16 février 2020

Graeme Allwright

Graeme Allwright

Pour mon ami Luis Porquet, parolier de Graeme

 

Il fut l'une des idôles de mes vingt ans, et sans être lui-même vraiment un poète, il fut un de ceux qui m'amenèrent à la poésie avec les Brassens, Brel, Ferré, Moustaki, Le Forestier, Barbara, Sylvestre, Ribeiro etc. Et il portait si bien aussi le grand Léonard Cohen ! Ah Suzannne et l'étranger ! Des poèmes aussi...

Il fut surtout un de ceux aussi qui me firent prendre conscience qu'un autre vie était possible, plus sobre mais plus large et plus vraie et plus libre, loin du conformisme et du formatage, loin des faux bonheurs qui ont tant mis à mal notre planète. Oui, il fut un de mes maîtres de vie et le plus grand regret de ma pauvre vie est de n'avoir pas suivi plus loin cette route que ses chansons exigeaient, de m'être laissé fourvoyer, manipuler, par le mensonge  jusqu'à être enfermé dans ces petites boîtes, dans le matérialisme abject où, avide des choses et des richesses qui n'en sont pas, on finit par oublier l'amitié, on finit par oublier les hommes et les femmes, voire à les considérer eux aussi comme des choses. Il m'avait un peu appris à vivre avec quelques autres et j'avais oublié sa leçon. Je me sens ce soir coupable de cela, de ce si long oubli et cette mort sonne comme un reproche pour qui n'a pas su tenir ses rêves de jeunesse qui devaient tant à Graeme.

Mais chaque Noël, pendant ces années d'aliénation où mes enfants furent mon seul vrai bonheur, je prenais ma guitare pour chanter à mes deux chéris, avant qu'ils s'endorment, ce Petit garçon qui avait remplacé très avantageusement le Petit Papa Noël de Tino Rossi.

Lui, Graeme, il a su tenir, se tenir, toujours, à hauteur de sa parole exigeante, de son idéal d'amour et de liberté, dans cette rigueur et cette honnêteté qui ont fini par l'éloigner, par exemple, des plateaux télé. Il a su se tenir et très tard dans sa vie qui fut bellement sienne, jusqu'à ce rêve d'une belle Marseillaise qui effacerait un chant de haine.

Merci Graeme d'avoir osé ce jour de clarté ! "Un grand merci à toi/ D'avoir été ici, merci beaucoup" (d'après Luis Porquet).

 

Petites boîtes

 

Petites boîtes très étroites
Petites boîtes faites en ticky-tacky
Petites boîtes, petites boîtes
Petites boîtes toutes pareilles.
Y a des rouges, des violettes
Et des vertes très coquettes

Elles sont toutes faites en ticky-tacky

Elles sont toutes toutes pareilles.

Et ces gens-là dans leurs boîtes
Vont tous à l'université
On les met tous dans des boîtes
Petites boîtes toutes pareilles.
Y a des médecins, des dentistes
Des hommes d'affaires et des avocats
Ils sont tous tous faits de ticky-tacky
Ils sont tous tous tous pareils.
Et ils boivent sec des martinis
Jouent au golf toute l'après-midi
Puis ils font des jolis enfants
Qui vont tous tous à l'école.
Ces enfants partent en vacances
Puis s'en vont à l'université
On les met tous dans des boîtes
Et ils sortent tous pareils.
Les garçons font du commerce
Et deviennent pères de famille
Ils bâtissent des nouvelles boîtes
Petites boîtes toutes pareilles.
Puis ils règlent toutes leurs affaires
Et s'en vont dans des cimetières
Dans des boîtes faites en ticky-tacky
Qui sont toutes toutes pareilles.

***

Pour mes deux enfants Esther et Tristan

 

Petit Garçon

Dans son manteau rouge et blanc
Sur un traîneau porté par le vent
Il descendra par la cheminée
Petit garçon, il est l'heure d'aller se coucher

Tes yeux se voilent
Écoute les étoiles
Tout est calme, reposé
Entends-tu les clochettes tintinnabuler

Et demain matin, petit garçon
Tu trouveras dans tes chaussons
Tous les jouets dont tu as rêvé
Petit garçon il est l'heure d'aller se coucher

Tes yeux se voilent
Écoute les étoiles
Tout est calme, reposé
Entends tu les clochettes tintinnabuler

Et demain matin, petit garçon
Tu trouveras dans tes chaussons
Tous les jouets dont tu as rêvé
Petit garçon il est l'heure d'aller se coucher

***

Et cette chanson que des jeunes gens aujourd'hui chantent en ignorant le nom du mec qui l'a créée et en rigolant, incapables de comprendre que c'est d'abord une chanson mélancolique et bien triste.

 

Il faut que je m'en aille

 

Le temps est loin de nos vingt ans

Des coups de poings, des coups de sang
Mais qu'à cela ne tienne, c'est pas fini
On peut chanter quand le verre est bien rempli

[Refrain]

Buvons encore une dernière fois
À l'amitié, l'amour, la joie
On a fêté nos retrouvailles
Ça m'fait d'la peine
Mais il faut que je m'en aille

Et souviens-toi de cet été
La première fois qu'on s'est saoulé
Tu m'as ramené à la maison
En chantant, on marchait à reculons

[Refrain]
Buvons encore une dernière fois
À l'amitié, l'amour, la joie
On a fêté nos retrouvailles
Ça m'fait d'la peine
Mais il faut que je m'en aille

Je suis parti changer l'étoile
Sur un navire, j'ai mis la voile
Pour n'être plus qu'un étranger
Ne sachant plus très bien où il allait

[Refrain]
Buvons encore ( Buvons encore)
Une dernière fois ( Une dernière fois)
À l'amitié, l'amour, la joie
On a fêté nos retrouvailles
Ça m'fait d'la peine
Mais il faut que je m'en aille

J't'ai raconté mon mariage
À la mairie d'un p'tit village
Je rigolais dans mon plastron
Quand le maire essayait d'prononcer mon nom

[Refrain]
Buvons encore ( Buvons encore)
Une dernière fois ( Une dernière fois)
À l'amitié, l'amour, la joie
On a fêté nos retrouvailles
Ça m'fait d'la peine
Mais il faut que je m'en aille

J'n'ai pas écrit toutes ces années
Et toi aussi, t'es mariée
T'as trois enfants à faire manger
Mais j'en ai cinq
Si ça peut te consoler

[Refrain]
Buvons encore ( Buvons encore)
Une dernière fois ( Une dernière fois)
À l'amitié, l'amour, la joie
On a fêté nos retrouvailles
Ça m'fait d'la peine
Mais il faut que je m'en aille

Buvons encore une dernière fois
À l'amitié, l'amour, la joie
On a fêté nos retrouvailles
Ça m'fait d'la peine
Mais il faut que je m'en aille

Buvons encore une dernière fois
À l'amitié, l'amour, la joie
On a fêté nos retrouvailles
Ça m'fait d'la peine
Mais il faut que je m'en aille

Ça m'fait d'la peine
Mais il faut que je m'en aille

 

© Graeme Allwright

 

 

 

***

 

L'étranger

Tous les hommes que tu as connus
Te disaient qu'ils ne voulaient plus
Donner les cartes pris comme dans un piège
C'est dur de retenir la main
D'un homme qui cherche plus loin
Qui veut atteindre le ciel pour se livrer

 

Et qui veut atteindre le ciel pour se livrer

Puis ramassant les cartes
Qui sont restées là sur la table
Tu sais qu'il t'a laissé très peu pas même son rire
Comme tous les joueurs il cherchait
La carte qui est si délirante
Qu'il n'aura plus jamais besoin d'une autre
Qu'il n'aura plus jamais besoin d'une autre
Un jour penchée à ta fenêtre
Il te dira qu'il veut renaître
Au monde que ta tendresse lui cache
Et sortant de son portefeuille
Un vieil horaire de train, il dit:
Je t'avais prévenue je suis étranger
Je t'avais prévenue je suis étranger
Maintenant un autre étranger
Semble vouloir que tu ignores ses rêves
Comme s'ils étaient le fardeau d'quelqu'un d'autre
Tu as vu cet homme déjà
Donner les cartes avec son bras en or
Mais maintenant tu vois sa main est figée
Oui maintenant tu vois sa main est figée
Mais tu n'aimes pas regarder
Un autre homme fatigué
Déposer toutes ses cartes comme une défaite
Tandis qu'il rêve jusqu'au sommeil
Dans l'ombre tu vois comme une fumée
Une route qui monte derrière sa tête
Une route qui monte derrière sa tête
Tu lui dis d'entrer et de s'asseoir
Et en te retournant tu vois
Que la porte de ta chambre reste ouverte
Et quand tu prends sa main, il dit
N'aie pas peur ma tendre amie
Ce n'est plus moi, oh mon amour, l'étranger
Ce n'est plus moi, oh mon amour, l'étranger
J'ai attendu toujours certain
De te revoir entre les trains
Bientôt il va falloir en prendre un autre
Oh je n'ai jamais eu tu sais
Pas le moindre plan secret
Ni personne pour me conduire
Et tu te demandes ce qu'il cherche à dire
Oui tu te demandes ce qu'il veut dire
En bas au bord du fleuve demain
Je t'attendrai si tu veux bien
Là tout près du pont qu'ils construisent
Puis quitte le quai pour un wagon-lit
Tu sais qu'il cherche un autre abri
Qu'il n'avait jamais été un étranger
Qu'il n'avait jamais été un étranger
Et tu dis d'accord, le pont ou bien ailleurs, je viendrai
Puis ramassant les cartes
qui sont restées là sur la table
Tu sais qu'il t'a laissé très peu pas même son rire
Comme tous les joueurs il cherchait
La carte qui est si délirante
Qu'il n'aura plus jamais besoin d'une autre
Qu'il n'aura plus jamais besoin d'une autre
Un jour penchée à ta fenêtre
Il te dira qu'il veut renaître
Au monde que ta tendresse lui cache
Et sortant de son portefeuille
Un vieil horaire de train, il dit:
Je t'avais prévenue je suis étranger
Je t'avais prévenue je suis étranger...

 

D'après Léonard Cohen

***

La chanson de l'adieu
Les lumières s'éteignent
Je reste sur la scène
Un goût de cendre au cœur
Les flots de la musique
Dans ma tête s'agitent
En gerbes de couleurs
Adieu amis, courage
On peut vaincre l'orage
Et terrasser la peur
La forteresse tremble
Et les vents se rassemblent
Sur les derniers rameurs
Sous le poids des souffrances
Se lève l'espérance
Et l'arbre de douceur
Il étendra ses branches
En aquarelle blanche
Avec force et ferveur
En dépit de l'histoire
Il faut de nos mémoires
Effacer le malheur
Joignons nos mains, nos âmes
Brisons toutes nos armes
Oublions les rancœurs
La rive se rapproche
Aux cieux tinte la cloche
Pour tous les voyageurs
Sous le poids des souffrances
Se lève l'espérance
Et l'arbre de douceur
Les lumières s'éteignent
Je reste sur la scène
Un goût de cendre au cœur
Les flots de la musique
Dans ma tête s'agitent
En gerbes de couleurs
Adieu amis, courage
On peut vaincre l'orage
Et terrasser la peur
La forteresse tremble
Et les vents se rassemblent
Sur les derniers rameurs
Sous le poids des souffrances
Se lève l'espérance
Et l'arbre de douceur
Un grand merci à vous
D'avoir été ici, merci beaucoup
© Luis Porquet

***

La Marseillaise

Pour tous les enfants de la terre
Chantons amour et liberté.
Contre toutes les haines et les guerres
L'étendard d'espoir est levé
L'étendard de justice et de paix

Rassemblons nos forces, notre courage
Pour vaincre la misère et la peur
Que règnent au fond de nos coeurs
L'amitié la joie et le partage

{Refrain:}
La flamme qui nous éclaire
Traverse les frontières
Partons, partons, amis, solidaires
Marchons vers la lumière
© Graeme Allwright et Sylvie Dien

 

14 février 2020

Le viol de Lucrèce de Nicole Laurent-Catrice

Le viol de Lucrèce de Nicole Laurent-Catrice

 

Heureux d'accueillir ici une très belle personne : l'amie Nicole Laurent-Catrice que j'ai eu le bonheur de présenter avec Catherine Jarrett à Territoire du poème à Paris le 20 décembre dernier et lui réservant la surprise de cette petite mélodie que j'ai associée à un de ses superbes textes.  

Dernière vidéo en ligne sur ma chaîne YouTube

 

12 février 2020

Petit vagabondage poétique avec Jean-Claude Touzeil

Petit vagabondage poétique avec Jean-Claude Touzeil (1)

sur

YouTube

Il y en aura un deuxième j'espère dont le choix de textes est déjà fait d'ailleurs dans d'autres recueils. C'est un bonheur de prendre ce chemin du poète Jean-claude Touzeil, père Fonda par ailleurs du printemps de Durcet dans l'Orne. Ce sera le 35e les 25 et 26 avril dans, n'ayons pas peur des mots, cette capitale mondiale de la poésie. Le 35e et le dernier paraît-il. Même mécréants, on prierait presque pour qu'un petit miracle advienne et que des jeunots viennent prendre la relève pour continuer cette belle et unique aventure pleine d'amitié, de poésie, de générosité et de très belle humeur. 

En tout ça il faut lire et relire Jean-Claude. J'ose le dire, son univers poétique est très différent du mien mais chaque fois que je le lis j'ai cette boule d'émotion que le poème soit dans l'humour ou dans la tendresse. C'est souvent très fort et surtout vrai. Ah les poèmes pour Gita, sa maman, que j'ai croisée naguère ! Les poèmes d'Amoroso ! Et puis il y a les questions superbes aussi d'une malice tout enfantine et de vérité finalement aussi. Est-ce que le silence qui suit une question de Jean-Claude est encore une question ? Oui bien sûr et doublée d'un rire. 

35 ans que Jean-claude avec son air bonhomme, sa lenteur, sa générosité et son humilité a levé tout un peuple d'hirondelles (sont appelées ainsi les bénévoles) dans un petit village de 300 âmes. Tant d'hirondelles que l'on croirait que chaque habitant est une hirondelle et... qu'il y a même une invasion. Durcet c'est l'amitié et la joie. On l'attend avec impatience depuis le printemps précédent. Il y a le poiré partagé, les poèmes lus, les chansons, les histoires, les rires. Il y a les amis retrouvés. Le petit salon de poésie du dimanche, les rencontres avec les élèves du vendredi qui cette fois auront lieu le lundi. Il y a encore la remise officielle du Prix Claude Ribouillault qui récompense un poète "décidément inclassable" ! Un beau palmarès que ce prix que Claude Ribouillault lui-même, un pilier de Durcet, a pu recevoir ainsi que... Jean-Claude lui-même.  Et puis il y a le chemin des poètes qu'emprunte tout un peuple de poètes le samedi après-midi pour lire les 16 poèmes qui le ponctuent sur des balises. Un chemin souvent boueux au printemps et qui se transforme parfois en ruisseaux. Mais on est fier quand on a un de ses poèmes sur ce chemin ! Des petits malins facétieux ont pu faire signer une pétition, il y a quelques années, pour que ledit chemin fût pavé comme l'est "l'enfer du Nord". On a même imaginé une course cycliste qui emprunterait ce chemin pavé et où le vainqueur devrait lire les seize poèmes et boire un bouteille de poiré à chaque borne tout en arrivant à bon port, lesté de tout ce liquide.  Et tout le monde a signé, même le père Fonda ! L'année suivante le maire de la commune lui-même a procédé à l'inauguration officielle du pavage du chemin de Durcet avec un beau pavé qui en avait vu de bien belles paraît-il. Un petit pouet, cycliste à ses heures, a tenté seul le chemin l'an passé mais, mauvais tricheur, il a oublié la régle de la bouteille de poiré et en fut bien puni ! Il ne fut pas même deuxième, ni dernier. Et bien sûr le chemin est resté ce qu'il doit être et ce qu'il a toujours été : un modeste chemin pour rêver et continuer les mots du poème. Le pavé est resté à la mairie ultime trace d'une jolie blague de potache.

On ne sait trop si le printemps de Durcet est à l'image de Jean-Claude ou si c'est Jean-Claude qui est à l'image de son Printemps.

C'est le printemps de Jean-Claude tout simplement.

Allez écoutez donc ses mots ! Ils en valent la peine !

 

 

09 février 2020

Marie-Josée Christien Passagère du réel et du temps

Marie-Josée Christien Passagère du réel et du temps

Collection Parcours Spered gouez

 

Vient de paraître cette très belle monographie consacrée à l'amie Marie-Josée Christien. Après Affolement du sang publié l'an dernier chez Al Manar, l'un des recueils les plus forts qu'il m'ait été donné de lire ces dernières années, cet ouvrage confirme que Marie-Josée est l'une des plus vraies poètes de ce temps, poursuivant son chemin de rigueur et d'humilité loin des petits marchands et de l'esbrouffe.

Cela paraît dans la collection "Parcours" qui s'honorait déjà de la présentation de deux poètes particulièrement singuliers et exigeants : Gérard Cléry et Jacqueline Saint-Jean. La présentation de la collection montre toute son exigence d'intégrité et de rigueur. A noter, en accord avec les valeurs revendiquées ici, que la collection "Parcours" est publiée sans aide à l'édition ni subvention et donc loin des petites cuisines de la poésie marchande et subventionnée...  

Après une belle préface de Gérard Cléry, une biographie minutieuse et une bibliographie exhaustive, c'est l'occasion de relire un choix de textes depuis 1975 à aujourd'hui qui montre toute la cohérence du chemin suivi. C'est là une poésie qui "ne perd pas pied" comme le disait si justement Michel Baglin. Et bien d'autres vrais lecteurs ont reconnu la puissance de cette oeuvre à l'écriture pourtant si sobre, si dépouillée. Ainsi de Annie Ernaux à Pierre Dhainaut en passant par Lucien Wasselin, Pierre Tanguy, Bruno Sourdin, Mérédith Le Dez, René Rougerie, Jean-François Mathé etc.

Il me plaît aussi que Spered gouez ait eu le culot de reprendre là deux articles d'éreintements complètement gratuits contre Marie-Josée... qui ne ridiculisent que leurs deux auteurs que par charité je ne nommerai pas ici. Rien ne me paraît plus ridicule en fait que l'éreintement quand il s'agit d'éreinter une poète alors inconnue (l'un des articles date de 1988 et Marie-Josée alors âgée de 31 ans publie son premier recueil...). Ereinter des statues bien installées peut encore être le signe d'un certain courage. Ereinter des inconnus est le signe le plus sûr de la lâcheté et de la bassesse.  

Marie-Josée Christien Passagère du réel et du temps est un ouvrage à lire et à relire. La poésie de Marie-Josée Christien ça tient debout et ça nous tient debout car lucides.

"Ne pas confondre vivre en poésie et vivre de la poésie" écrit Marie-Josée, loin des confusions de notre époque et des... commerciaux. Et incontestablement Marie-Josée Christien vit en poésie. Oui, exactement !

 

 

Couv parcours Marie-Josée Christien (2)

 

4e de couv Parcours Marie-Jo (2)

 

Présentation collection Parcours (2)

 

 

11 janvier 2020

Nous, avec le poème comme seul courage

Nous, avec le poème comme seul courage

Le castor astral

anthologie du printemps des poètes

 

Je viens de recevoir hier cette belle anthologie de 84 poètes où je suis en compagnie de Michel Baglin (nous nous suivons même : heureux hasard), Olivier Barbarant, Linda Maria Baros, Tahar Ben Jelloun, Charlélie Couture, Seyhmus Dagtekin, Sylvie Durbec, Brigitte Fontaine,Jean-Louis Giovannoni, Charles Juliet, Abdellatif Laâbi, Jean-Pierre Siméon, James Sacré, Lydia Padellec etc.

Le titre de cette anthologie est inspiré d'un de mes recueils : Le poème est mon seul courage (Le Nouvel Athanor, 2004). Si, si ! et cela est justement rappelé dès le début !

Ben oui, alors il est beau le titre non !!! cover-r4x3w1000-5b6044d5c0491-emoticon-2643813-1920

 

 

L'ensemble est préfacé par Jean-Yves Reuzeau et Sophie Nauleau.

Merci au Castor astral qui est venu vers moi pour ce beau projet.

 

 

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